La 8ème édition du festival SPOT se tiendra du 8 au 10 juin 2018. Nous avons rencontré Nicolas Martin, l’un des organisateurs de ce festival promouvant l’initiative des 16-25 ans.

Lors de cette rencontre avec l’élu nantais nous avons pu en apprendre plus sur les enjeux existants autour de la jeunesse et sur les institutions existantes pour encourager la création. Nous avons aussi pu discuter de l’accès à la culture et à l’art et du festival SPOT : la manifestation des talents nantais.

 

Nicolas Martin, vous êtes l’organisateur du SPOT, pouvez-vous vous présenter ?

Je m’appelle Nicolas Martin, j’ai 47 ans donc je ne suis plus tout à fait jeune et je suis adjoint au maire de la ville de Nantes délégué aux ados, aux jeunes et aux droits de l’enfant. J’ai ainsi une délégation pour les jeunes jusqu’à l’âge de 25 ans notamment grâce à un partenariat avec l’UNICEF qui fait de Nantes une ville amie des enfants. Mon travail consiste à renforcer la capacité de participation des jeunes, à découvrir davantage ce qu’ils ont à nous dire, leur visions du monde, et comment transformer les politiques publiques en intégrant leur paroles. Ainsi lors du conseil Nantes&Co 16-25 on a récemment échangé sur la question des pratiques du numérique et sur la question des pratiques libre sur l’espace public – c’est le cas du parkour par exemple – avec comme but la reconnaissance de ces pratiques.

 

Pourquoi miser sur la jeunesse ? 

Il y a un enjeu majeur à se pencher sur la jeunesse pour pas mal de raisons. Déjà un nantais sur trois a moins de 25 ans ce qui est quand même très important ! On est dans une société en mutation avec des transitions écologiques, sociétales et numériques importantes et ça me parait intéressant de travailler avec ces jeunes sur la valorisation des talents ou retravailler le dialogue entre les jeunes et l’institution.

 

Vous voyez la jeunesse un peu comme une clé pour les changements à venir mais ont-ils tous les outils pour répondre à ces enjeux ? 

Tous les jeunes n’ont pas les mêmes opportunités. Il y a des jeunes qui sont très à l’affût, qui ont la chance d’avoir un ordinateur, une connexion et qui savent les utiliser et qui demain seront dans la transition très en avance. Et il y a des jeunes qui sont moins dans cette dynamique là parce qu’ils n’ont pas le même environnement et le même accès à la culture. On sait aussi que les étudiants n’ont pas forcément beaucoup d’argent et qu’ils ne sont pas forcément à l’aise avec les institutions. C’est à la ville aussi de faire un effort, en s’appuyant notamment beaucoup sur le monde associatif pour qu’un jeune n’ayant pas eu la culture de la découverte ou de l’engagement puisse rencontrer les personnes qui lui donneront envie.

Ce ne sont pas les envies ni les idées qui manque mais il faut encore être accompagné et puis derrière trouver les bonnes portes. D’où l’importance des pépinières jeunesses qui sont des lieux d’accueil, d’information et d’accompagnement de projets : l’EcletiC à Nantes-Nord, le TriptiC à Nantes-Est, l’Etincelle à Bellevue ou encore l’Atelier des initiatives.

De la même manière il existe le CLAP (Comité Local d’Aide au Projet). Le Clap est un dispositif d’aide aux projets des jeunes toujours pour les 16-25 ans. Vous avez envie de faire un EP, un clip, vous êtes photographes, vous êtes plasticiens, vous voulez faire votre premières expos… vous n’avez pas forcément les moyens. Donc on va soutenir ces projets qui peuvent tout aussi bien être dans le champ du sport, du développement durable ou même à caractère humanitaire. Il suffit que dans un collectif, l’un des porteurs du projet soit nantais et ai moins de 25 ans pour être éligibles. L’idée c’est que ce que vous faites va donner envie à d’autres.

Il faut des initiatives des jeunes. Ensuite il faut avoir une communauté sur qui s’appuyer en fonction des projets et des idées. Mais l’accès à l’information est extrêmement importante et il faut que cela puisse profiter à tous car la jeunesse ce n’est pas seulement des étudiants et comme on l’a dit certains n’ont pas le même environnement et le même accès à la culture.

 

Vous parlez d’information et de diversité, pensez vous que l’accès à la culture ou à l’art est insuffisant ? 

Je pense qu’il y a un accès à une forme de culture, après, la diversité culturelle… Beaucoup de jeunes ont accès à la musique ! Vous trouvez peu de jeunes qui ne soient pas sensibles à la question de la musique, qui n’aient pas eu une seule fois dans leur vie l’occasion d’aller à un concert et on peut facilement en écouter. Après si vous parlez du théâtre, des arts graphiques, des arts visuels.. c’est plus compliqué mais évidemment Il existe de nombreux spots à Nantes qui travaillent là-dessus. Après, il y a le jeune qui est curieux qui va trouver et il y a les jeunes qui sont moins curieux où qui ne savent pas ce qui existe et c’est avec eux que ce sera le plus difficile parce qu’il faut aller vers eux. Ils n’iront pas spontanément vers l’information.

 

À la croisée de la jeunesse, de la diversité, de la culture et de l’art il y a le Festival SPOT, pouvez vous nous en dire plus ? 

Cela fait plus de 7 ans que le festival SPOT existe avec un principe simple : c’est un appel à projet de la ville qui permet de valoriser les projets culturels pour les jeunes jusqu’à 25 ans avec un petit soutien financier et surtout logistique. Ça se déroule sur 3 jours, le premier weekend de juin au miroir d’eau. On a une formule assez stabilisé avec le vendredi soir dans les jardins de la mairie, plutôt une ambiance concert et expo avec un côté un peu intimiste pour 1000 personnes. C’est aussi l’occasion pour tous les participants à SPOT de se retrouver avec les professionnels qui les ont accompagné. Et le samedi-dimanche qui est donc un festival grand public avec dix à quinze mille personnes sur le miroir d’eau. Là on va avoir un village associatif où on va pouvoir voir toutes les formes d’arts : arts de la rues, arts visuels, arts créatifs. Et puis une partie plutôt danse sur le miroir d’eau ainsi qu’une partie scène-concert.

On a une centaine de projets déposés pour une soixantaine de projets retenus qui peuvent bénéficier d’aide, de salle, d’accompagnement logistiques, régies… et donc une valorisation pendant deux jours auprès d’un public large.

 

Avec ce projet on est donc encore dans l’idée de miser sur la jeunesse et de valoriser leurs initiatives ? 

Oui au final c’est la suite logique, dans la lignée du CLAP, car nous en tant que ville on y a quand même tout intérêt .. enfin c’est un vieux truc de dire que les jeunes sont l’avenir de notre ville, forcément ! On a poussé la porte un jour et on sera poussé demain par d’autres et c’est normal, c’est naturel. On sait qu’il y a beaucoup de jeunes qui ont d’énormes talents et qui sont malheureusement sous valorisés, peu visibles parce que aujourd’hui il y a une médiatisation forte de stars, on va chercher les têtes d’affiches. Vous faites un festival s’il n’y a pas de tête d’affiche le public ne vient pas et finalement ces groupes, ces formations qui sont des pépites en devenir sont moins visible aux yeux des nantais.

« Finalement, ce festival c’est pour nous l’occasion de les rendre visibles »

Le Festival SPOT, c’est donc le 8 juin prochain et c’est toute l’année que la ville de Nantes, le berceau du STYX, vous encourage à imaginer, créer, proposer, vous regrouper et profiter de votre environnement propice à l’initiative.

 

 

 

 

 

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