La place des génériques de série dans notre vie

Qu’on les aime ou non, nous entendons parler tous les jours d’une nouvelle série. Mais chaque série possède son propre générique. Faisons un petit tour du côté de ces secondes d’introduction devenues si importantes.

On connaît tous par cœur au moins, voire même plusieurs génériques de série. Que ce soit sa musique ou ses plans, le simple fait d’évoquer le nom de cette série nous fait sombrer dans la nostalgie de ce générique vu tant de fois. Parlons donc de ce montage d’images prenant place au début de chaque nouvel épisode d’une série.

Petite piqûre de rappel des différents types de génériques de série

Pour commencer, quoi de mieux que d’apprendre (ou se remémorer) rapidement l’évolution du générique de série ? Parce que oui, vous devez bien vous douter que les génériques des premières séries n’ont rien à voir avec ceux de nos jours et qu’il y a eu des tendances au fil des années.

Vu que la théorie ne s’apprend pas seule, il m’a bien fallu aller glaner ces précieuses informations, et ce précieux se trouve ici.

Les génériques publicitaires

Inspiré de son format radio lancé dans les années 30, le soap opera arrive sur les téléviseurs américains dès la fin des années 1940. Le nom soap opera vient bien de soap, ou savon en anglais. Cela pourrait ne pas avoir grand rapport avec notre thème du jour. Sauf que tout est lié. Et oui, les génériques de ces soap opera ressemblaient à tout sauf aux génériques qu’on connaît puisque c’étaient des réclames ! En effet, les génériques mettaient à l’honneur leurs sponsors à chaque début d’épisode, comme vous pouvez le voir ci-dessous avec The Guiding Light :

Générique du soap opera The Guiding Light

Les génériques de présentation des personnages

Décennies après décennies, l’évolution des séries suit son cours. Il en est de même pour nos chers génériques. Jusque dans les années 1990, voire même début 2000, les génériques présentant les personnages de la série seront la norme.

Pas besoin de chercher très loin pour trouver un exemple, il suffit de prendre cette série que tout le monde connaît : Les feux de l’amour. Cette série utilise ce principe à son paroxysme en ne montrant que les personnages avec le nom de l’acteur à côté. Il n’y a absolument rien d’autre, pas d’images montrant les personnages dans des tâches quotidienne ou du moins naturellement comme on peut le voir dans de nombreux génériques de cette période-là. Ici, les personnes sont incrustés sur l’écran sur un fond uni et on les voit soit tourner leur tête vers la caméra soit marcher vers celle-ci.

Mais sans pour autant pousser le principe de présentation aussi loin que Les feux de l’amour, Alerte à Malibu nous offre un bel exemple des génériques de l’époque. Des plans larges alternés avec des gros plans sur les personnages de la série effectuant des actions les représentant.

Les génériques narratifs

Ici quid de connaître le nom de chaque acteur correspondant à chaque personnage. Ces génériques peuvent être extrêmement différents de l’un à l’autre. En fait ce sont des génériques qui ne présentent pas les personnages de la série comme précédemment. Ils présentent plutôt l’univers général de la série et peuvent montrer des personnages ou pas du tout.

C’est par exemple le cas du générique de Mad Men, fait en animation et où on voit un homme sans visage propulsé dans une chute qui paraît sans fin. L’univers général de la série y est évoqué mais sans pour autant présenter les personnages un par un.

Les cartons

Dernier type de générique que je vous présente, les génériques-cartons sont, comme le nom l’indique, des cartons. Ce sont des génériques où on voit seulement le nom de la série pendant quelques secondes, avec ou sans effet supplémentaire.

Nous en avons l’exemple avec la série Black Mirror. Le générique n’est composé que du nom de la série et de quelques effets ajoutés pour animer ce moment.

L’importance de la musique dans les génériques

On le sait bien, dans notre monde, nous sommes matraqués d’images. Mais il ne faut pas oublier que ces images ne sont pas seules, elles sont agrémentées de son. Il en est exactement de même dans les génériques de série.
Si de nos jours les images sont en rapport avec la série, son univers et permettent même de décrypter la série, il ne faut pas mettre de côté l’importance de la musique choisie ou créée pour accompagner ces images.

Je me suis rendue compte que pour moi, c’est la musique qui fait tilt. Il me suffit d’entendre les premières secondes d’une musique de générique pour la jouer dans ma tête et me remémorer les images. Par exemple, il me suffit d’entendre les premières notes du générique de Dexter pour rejouer la morning routine présentée dans la générique.

Les musiques impactent également énormément sur l’idée qu’un spectateur se fera de la série en voyant le générique. Bien sûr, comme dans toute production audiovisuelle, le choix des musiques est primordial, car on connaît leur importance.
Par exemple, pour la série Versailles, la musique choisie est Outro de M83. En faisant abstraction des images qui sont elles-mêmes grandioses et montrent la puissance du Roi Soleil, et en écoutant uniquement la musique, le spectateur comprend les maîtres-mots de la série : grandeur et puissance.

Les séries qu’on connaît grâce à leur musique

De plus, je me suis également rendue compte à quel point les musiques peuvent être marquantes. Si lorsqu’on évoque Alerte à Malibu, nous avons en tête Pamela Anderson avec son maillot de bain rouge, il n’en est pas de même pour Dallas ou encore New York Unité Spéciale.
Pour Dallas, tout le monde connaît ces fameuses paroles : “Dallas, ton univers impitoyable”. On peut même chante cette phrase avec l’air adéquat alors que cette série est terminée de 1991.
New York Unité Spéciale est devenue culte grâce à un simple son, composé de 2 notes : le connu et reconnu “Tu Tum”. Je ne sais pas trop comment il serait possible de le retranscrire, je vous le mets donc ci-dessous :

Ce son est devenu culte. On peut même le connaître sans connaître sa provenance. Mais il est désormais représentatif des moments où on cherche à raconter une histoire grave.

Mais où en sont les génériques de série aujourd’hui ?

Dernièrement je me suis posée la question de la place du générique de série. En même temps que les séries et leur générique évoluent, la façon de consommer la série évolue également. S’il y a encore quelques années, les séries étaient diffusées à la télévision, à raison de deux nouveaux épisodes chaque semaine, aujourd’hui l’arrivée et la pratique en masse du streaming a changé énormément de choses.

Le phénomène du Binge-watching

Le mot “Binge-watching” fait désormais parti du vocabulaire commun. Pour ceux qui ne le connaissent pas, il évoque tout simplement le fait de regarder de très nombreux épisodes de série, voire des séries entières avec très peu d’interruption. Si cette pratique permet de rester concentré dans la série et de ne pas oublier des éléments entre les épisodes, elle a une incidence sur les génériques.
En effet, les spectateurs n’ont pas forcément envie de regarder le même générique à chaque nouvel épisode car cela reviendrait à le regarder de nombreuses fois en très peu de temps. Ainsi, plusieurs plateformes de streaming permettent de sauter le générique.

J’ai pu le constater moi-même pendant le confinement. J’ai regarder l’intégralité de Dexter en assez peu de temps, à raison de 3 ou 4 épisodes par soir pendant plusieurs semaines. Je pense avoir vu le générique dans son intégralité maximum 3 fois (il y a 96 épisodes). On peut donc se poser la question de l’utilité du générique de nos jours. Il ne sert même pas de pause entre deux épisodes car nous pouvons mettre pause à tout moment. Même si je suis la première à éviter de regarder entièrement un générique, je trouve dommage qu’on s’y intéresse de moins en moins. Il me semble que les génériques sont de plus en plus intéressants car il y a de plus en plus de moyens techniques pour les créer et qu’il faudrait justement plus s’y attarder plutôt que les éviter.

Les cartons, l’avenir des génériques ?

Mais si nous ne voulons plus nous attarder sur des génériques de plusieurs minutes, il faut bien que le nom de la série apparaisse quelque part. Il me semblerait étrange de voir une série sans moment introductif à l’épisode. Mais en même temps, nous sautons ces moments introductifs.
Ainsi, il peut être pertinent de se demander si les cartons ne deviendraient pas la norme au bout d’un moment. En effet, ils ne durent que quelques secondes. Ils permettent ainsi de remplir leurs fonctions sans pour autant gêner le spectateur. Je parlais tout à l’heure de Black Mirror qui utilise ce principe, mais il en est de même pour Le Bureau des Légendes par exemple. Un écriteau, une animation incrustée dessus et voilà, le générique est fonctionnel et efficace. A voir si d’ici quelques années ces cartons deviendront réellement la norme ou non.

Laissons place à l’avenir qui nous dira si le générique disparaîtra ou bien évoluera encore, ou si nos nouvelles habitudes de consommation l’enterreront à jamais.

Tu aimes les séries ? Viens lire la défense de la partie 4 de la Casa de Papel en cliquant juste ici.

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