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La salle de cinéma, déclaration d’amour nostalgique

la salle de cinéma
Les fameux fauteuils rouges

Ces deux derniers mois, une chose nous a manqué plus que les autres : la salle de cinéma. Deux mois qui ont permis de se rendre compte que cette chose d’aller au cinéma pouvait être banale pour beaucoup. Mais aussi habituelle pour les cinéphiles les plus mordus était quelque chose d’exceptionnel. Cet éloignement de la salle, laisse songeur, rêveur et nous permet de remettre en perspective notre amour de la salle de cinéma.

Le Cinéma 

Aller voir un film en salle est un rituel. C’est un retour à l’enfance. L’excitation avant de découvrir le film tant attendu, en marchant vers la salle est la même que de découvrir ses cadeaux le matin de Noël. Entrer dans le cinéma, avec les yeux grands ouverts, voir les gens qui passent. Ceux qui attendent, sentir cette douce odeur de sucre et de pop-corn, la respirer, la savourer. Sentir ses pieds sur la moquette moelleuse, qui s’enfoncent légèrement dedans, le son étouffé de nos pas. Le cinéma est un endroit où le temps semble s’écouler différemment que dans le reste du monde. 

La Salle 

Puis entrer dans la salle. Choisir avec parcimonie son siège, trouver la place parfaite. S’asseoir lentement, essayer le siège: l’approuver ou en changer. S’installer. Ranger la sacro sainte relique, malheureusement en voie de disparition. Le petit carré cartonné que l’on tient à la main : la place de cinéma. Se mettre à l’aise, enlever son manteau, remonter les manches de son pull. Pour enfin croiser une jambe pour entrer dans la posture du spectateur. Puis attendre. Ce que c’est bon d’attendre. Ecouter dans le silence, la porte qui s’ouvre et se referme, les pas qui entrent lentement, les chuchotements de vos compagnons le temps du film. La petite discussion anodine avec votre voisin ou voisine de siège où vous discutez du film ou de tout autre chose.

Fermer les yeux, respirer profondément, faire le vide assis dans son siège rouge, évacuer les tensions, sa vie, le temps, ses soucis pour accueillir le film. Maudir les trop longues bandes d’annonces qui finalement, soyons honnête, sont des plaisirs coupables, qui font monter le plaisir et l’excitation de l’attente du premier plan du film.

Le monde du film 

Nous entrons dans un autre monde, celui du film, nous nous évadons par le son, qui nous place dans la bulle du film. Une image grande, géante, seule source de lumière que nous fixons, que nous ressentons, où nous vivons par procuration. Tout au long du voyage, il y a les rires de la salle, votre voisin et vous se regardant en larmes au même instant oubliant que c’est un ou une parfaite inconnue. C’est partager une émotion commune, au même instant, c’est ça la salle. Puis il y a le moment clef : la fin du film. Les lumières restent éteintes, le générique défile, puis votre corps bouge un peu, revient à lui lentement. Nous séchons nos larmes, arborons un grand sourire, puis nous prenons une grande respiration tandis que nos yeux suivent les noms : anonymes, petites mains d’un film. Puis nous revenons à notre vie tranquillement, lentement, paisiblement. 

La sortie de la salle

Nous nous retrouvons, nous nous levons lentement puis nous quittons la salle. Sentons une nouvelle fois le sucre des popcorns. Cette odeur permet de refermer la parenthèse du film que nous venons de vivre et qui est maintenant et à jamais en nous. A notre sortie du cinéma, nous ne sommes plus tout à fait la même personne qui y est entrée.

Voilà, pourquoi la salle de cinéma est le plus bel endroit du monde, car c’est un endroit ou l’on transcende la vie. Et voilà pourquoi en ces temps de post-confinement, il me tarde de retourner m’enfermer dans une salle de cinéma UGC, MK2 ou Gaumont, qu’importe.    

Pour aller plus loin dans le manque qu’a procuré le cinéma, juste ici.

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