Petit Pays, le film de la gaieté et l’angoisse

Je vous parlais du roman Petit Pays de Gaël Faye. Aujourd’hui je reviens sur Petit Pays mais dans la version cinématographique d’Eric Barbier.

Si j’avais eu beaucoup d’émotion en lisant le roman, celle-ci est décuplée dans ce film. J’ai énormément aimé ce film qui reprend extrêmement bien le livre, sans déformer quoi que ce soit. En moins de deux heures de film, je suis passée de la gaieté à la frayeur en un claquement de doigts.

Commençons par la gaieté

Un énorme sentiment de gaieté s’est emparé de moi aux premières images du film. Si le début du livre est rempli de cette gaieté, celle-ci se traduit dans le film par des images colorées au possible, une musique entrainante, des enfants qui courent partout. J’ai aimé enfin voir un visage sur ce petit Gaby que je n’arrivais pas à imaginer, j’ai aimé mettre une image sur ce fameux van, lieu si incontournable pour Gaby et ses amis. J’ai aimé voir à quoi pouvait ressembler ce petit bout d’Afrique, alors que jusque là je ne voyais pas à quoi ça ressemblait.

Mais j’ai aussi eu la grande joie de me rendre compte que le film est très fidèle au livre. C’était un très grand plaisir de retrouver les dialogues que j’avais lus une semaine plus tôt, de retrouver les événements les uns à la suite des autres. Bref, j’avais une étonnante gaieté en moi au début de ce film.

Et continuons avec l’angoisse de ce Petit Pays

Mais au final, j’ai bien failli pleurer 5 ou 6 fois pendant cette séance cinéma. Non pas que je n’appréciais plus le film. Au contraire justement. J’étais tellement plongée dans le film qu’il en est devenu angoissant à mes yeux. En sortant du cinéma, je n’étais pas dans le meilleur des états.

Mais je trouve que c’est une bonne chose. Pour moi, ça veut surtout dire que le film est bon. Certes, l’histoire est dure, mais je la connaissais déjà. Je crois bien que c’est la petit Ana (incarnée par Dayla de Medina) qui m’a bouleversée. Elle est si jeune, mais lors d’une scène de dispute avec sa mère, j’ai eu particulièrement froid dans le dos. Voir cette enfant jouer d’une telle manière, criante de vérité, ne faisant qu’un avec la détresse de son personnage était terrible. Je pense que cette scène va rester très longtemps dans ma mémoire.

Il y aurait encore de nombreuses choses à dire sur ce film que j’ai trouvé splendide, mais gaieté et angoisse sont les meilleurs adjectifs pour définir mon ressenti de cette séance cinéma.

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