Romy Schneider

Cette semaine, Romy Schneider aurait eu 82 ans. L’occasion de revenir de façon non exhaustive et émotionnelle sur la carrière de cette immense actrice du cinéma.

La paradoxe Schneider

Romy Schneider, c’est avant tout un paradoxe, des oppositions, une révolution, une irrévérence  et une liberté hors du commun. Allemande, ayant vécu dans son enfance la chute du Reich hitlérien. Sa mère étant proche du régime, Romy Schneider grandit dans cette Allemagne d’après guerre meurtrie par son passé récent. C’est à 18 ans qu’elle sera connue du monde entier en incarnant l’impératrice Sissi dans trois films. La jeune fille éblouit par sa beauté et sa jeunesse. Elle donne la parfaite image de la jeune fille bien élevé qu’il fallait aux années 1950 pour que l’Allemagne se remémore son faste d’antan. C’est pour ma part ma découverte de Romy Schneider, lors d’un passage à la télé des films lors des vacances de Noël.

Cette image de Sissi, Romy Schneider va la subir et vouloir s’en extirper. Elle ne veut pas être le symbole d’un pays qu’elle n’aime pas. Oui voilà le premier paradoxe. La jeune actrice trouve refuge en France et en Italie, deux anciens ennemis de son pays d’origine. Dans ce contexte, elle fait un film avec Alain Delon, avec lequel elle se fiance. Le couple parfait aura la fin peu heureuse que nous connaissons. Elle fera des films à l’étranger mais la grande révélation, la naissance de l’icône arrivera plus tard.

La naissance d’une icône

La Piscine. C’est le rôle du retour et de la consécration. Celui du retour de Romy Schneider, actrice presque oubliée. Tout le monde a en tête la première séquence, Delon allongé au bord d’une piscine, les cigales, et Romy Schneider qui plonge dans l’eau et éclabousse son mari. C’est Delon qui bec et ongles a imposé Romy Schneider aux producteurs. Qui originellement lui préférait Monica Vitti. Et il a eu raison. Romy Schneider est immense dans ce film. Elle joue à la perfection, cette femme trompée qui voit la déliquescence petit à petit de son couple, jusqu’à la rupture finale. Un retour tonitruant en France qui lui permettra de rencontrer son réalisateur fétiche en la personne de Claude Sautet.

Claude Sautet et Romy Schneider

Il y a des chefs d’œuvres comme Les Choses de la vie, Max et les ferrailleurs, César et Rosalie. Claude Sautet avait trouvé une actrice fétiche. Il l’a fait jouer avec Picolli, Montant, Fray. De film en film elle devient de plus en plus magnifique. Une troisième naissance qui fera de cette femme, non plus une simple star mais une actrice reconnue et adulée des années 1960. Comment ne pas penser à César et Rosalie. Ce trio d’acteurs parfaits Schneider, Monatant et Fray, pour incarner ce trio amoureux. Toutes les séquences de ce film sont de grands moments de cinéma.

Dans ce film se déploie une subtilité et une sensibilité chez l’actrice qui est remarquable. Dans la mise en place de ce triangle amoureux, la séquence du mariage lorsque César chante est parfaite en un dialogue entre elle et Samie Fray. Il y a tout, le dilemme du personnage à venir et qui va se déployer petit à petit dans le film. Ce qui montre tout le talent singulier de cette actrice hors normes.

Une actrice qui n’avait peur de rien

Une autre évocation, preuve du caractère unique et rebelle de cette actrice : le film Le Vieux fusil de Robert Enrico. Elle joue aux côtés de l’immense Philippe Noiret. Le film prenant place lors de l’occupation, elle y joue la femme d’un médecin français qui va se faire tuer par les Allemands. Politiquement la rébellion est là, les critiques les plus violents s’étaient déchaînés sur elle pour ce choix. Et cinématographiquement le talent et la grâce sont là. Comment ne pas citer la séquence de la rencontre entre Clara et Julien à la Clauserie des Lila. Elle y est incroyable de fraîcheur, de justesse. Cette séquence est parfaite, fondée sur un simple champs contre champs qui laisse jouer les acteurs. Le spectateur est comme Phillipe Noiret, absolument subjugué et amoureux de la femme qui est assise en face de lui.

Puis, il y a eu ce film avorté L’Enfer du réalisateur Henri Georges Clousot. Film qui mettait en vedette un mari, Serge Reggiani devenue fou de jalousie à la peur que sa femme, Schneider le trompe. Le film qui malheureusement ne s’est pas fait, nous laisse des tests visuels d’une toute beauté et une recherche sur le cinéma qui prouve une nouvelle fois que Romy Schneider était une actrice qui n’avait pas froid aux yeux et n’avait pas peur des paris audacieux. Il y a aussi ce film de Zulawski : l’Important c’est d’aimer. Où nous voyons toute la part d’ombre et de tourment de l’actrice.

Elle y joue une actrice ratée qui galère et joue dans des films pornos pour subsister. Elle y est incroyable de fragilité tout en failles. Nous voyons peut-être dans ce film qui était Romy Schneider, une femme torturée, tourmenté et avec une grande part sombre et de doute.

J’évoque les films et des souvenirs de spectatrice à la pelle, mais il y en a bien d’autres de magnifiques, ceux qui font que Romy Schneider est et restera à jamais une immense actrice.  

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